Je me fais la voix de tous les collègues de Christian, passé ou présent, que cette terrible nouvelle a frappé en plein cœur.
Car oui, Christian ne laissait personne indifférent. Dès son arrivée dans notre service Informatique Scientifique il y a pratiquement 30 ans, il nous est apparu gai, dynamique, toujours de bonne humeur et souriant. Au-delà de ça, il émanait de lui une gentillesse et une bienveillance incroyable, le souci de s’intéresser à l’autre, naturellement et sincèrement. Et puis il y avait ses blagues. Toujours prêt à faire rire ses collègues et distribuer la joie autour de lui, jour après jour. Jeux de mots improbables, blagounettes, discussions lunaires sur des sujets improbables. Christian était souvent la petite touche de bonne humeur qui permettait à ses collègues de commencer la journée du bon pied. Même grognon, il restait solaire.
Et puis il y eu la naissance de Juliette. Un bonheur total, et tellement communicatif, partagé avec nous lors d’une soirée inoubliable dont le point d’orgue fut la chute du gratin dauphinois dans la pelouse. Même involontairement, il avait réussi encore une fois à déclencher un fou rire général.
Puis Alice est arrivée, renouvelant ce bonheur intense d’être à nouveau papa.
La joie immense de Christian, et l’amour palpable qui émanait de lui pour vous deux, Juliette et Alice, a conforté à titre personnel mon envie de donner la vie à mon tour.
Il était aussi apprécié unanimement pour son professionnalisme et sa capacité à aider ses collègues et trouver des solutions. Toujours présent et volontaire, « à fond de 5 » comme il répétait tout le temps.
Son évolution professionnelle lui a fait quitter La Balme pour Saint Vulbas, et nous, anciens collègues des grottes, nous ne le croisions que de temps en temps. Mais ces rares rencontres étaient toujours naturelles et empruntes d’un plaisir partagé, comme si on s’était vu la veille.
Pour ma part, je l’ai revu il y a peu, lors d’une formation à Lyon. Fidèle à lui-même, il s’est inquiété de ma santé, de ma famille, de ma vie personnelle et professionnelle, et réciproquement. Il se trouve que je cherchais un prof de saxo pour l’un de mes enfants. C’est ainsi que j’ai pu te contacter, Juliette. Le hasard avait bien fait les choses.
Mais ce qui m’a frappé lors de cet échange, c’est la fierté dans ses mots et l’étincelle dans ses yeux en parlant de vous deux. Oui, il était terriblement fier de ses filles, inconditionnellement.
Juliette, Alice, vous pouvez à votre tour être fieres de votre papa pour la joie qu’il a su apporter à ses collègues pendant toutes ces années.
Christian, je ne sais pas si ton prénom te prédestinait à avoir la foi, mais sache que ceux qui l’ont prient pour que ta belle âme repose en paix. Pour nous tous tu resteras une étoile brillante et inoubliable.